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Relocaliser la production grâce à l’impression 3D : le pari entrepreneurial de Raphaël Anahory

  • eric24920
  • 5 févr.
  • 5 min de lecture

Produire localement, à la demande, sans stock ni surproduction, tout en restant compétitif sur les prix : longtemps, cette équation a semblé incompatible avec les réalités industrielles. Pourtant, de nouveaux modèles émergent, portés par des entrepreneurs qui croisent technologie, usage et impact économique.

À 28 ans, Raphaël Anahory fait partie de cette génération qui ne se contente plus d’optimiser l’existant. Après quatre années chez Contentsquare comme développeur puis chef de projet informatique, il a choisi de créer diMap, une marketplace d’impression 3D pensée comme une alternative crédible aux objets du quotidien importés d’Asie.

Son approche interpelle dirigeants et managers : comment bâtir une entreprise technologique frugale, rapide à exécuter, capable de concilier performance économique, innovation industrielle et relocalisation ?

🎙️ Cet article s’appuie sur l’échange mené dans Good Morning Travail avec Raphaël Anahory, autour de la réalité du quotidien d’un créateur d’entreprise en France.

De l’ingénierie logicielle à l’entrepreneuriat : un passage à l’acte structuré

Raphaël Anahory n’est pas issu du monde industriel. Sa formation et ses premières expériences sont profondément ancrées dans le numérique. Chez Contentsquare, il évolue pendant quatre ans dans un environnement exigeant, structuré, orienté produit et performance.

Ce passage en scale-up lui apporte deux choses déterminantes :

  • Une culture de l’exécution rapide.

  • Une vision claire des limites des organisations trop dépendantes de cycles longs et de processus lourds.

L’envie d’entreprendre ne naît pas d’un rejet du salariat, mais d’une conviction : la technologie peut être utilisée pour repenser des chaînes de valeur entières, pas seulement pour améliorer des interfaces ou des tableaux de bord.

C’est cette conviction qui le pousse à s’attaquer à un sujet très concret : la fabrication d’objets du quotidien.

diMap : une marketplace industrielle inspirée des plateformes

diMap n’est ni un atelier d’impression 3D, ni une marque de produits finis. Le projet repose sur un modèle de marketplace, inspiré de plateformes comme Uber, mais appliqué à la fabrication.

La promesse est simple dans sa formulation, mais complexe dans son exécution : mettre en relation, sur une même plateforme, tous les acteurs nécessaires à la production d’un objet imprimé en 3D.

Concrètement, diMap connecte :

  • Des modélisateurs, qui conçoivent les fichiers 3D.

  • Des imprimeurs 3D, capables de produire localement.

  • Un service de livraison.

  • Le consommateur final.

Pour le client, l’expérience est fluide : il commande un objet, qui est fabriqué à la demande, au plus près de chez lui, puis livré.

Pour les professionnels intégrés à la plateforme, diMap devient un apporteur d’affaires structuré, sans investissement commercial lourd.

Une réponse pragmatique aux limites de l’importation de masse

L’un des points forts du projet diMap réside dans sa proposition de valeur économique. Contrairement à certaines initiatives écologiques perçues comme coûteuses ou marginales, diMap vise une compétitivité prix directe avec les produits importés.

Les objets proposés se situent dans une fourchette de 5 à 10 euros, comparable à ce que l’on trouve sur des plateformes d’importation massive.

La différence se joue ailleurs :

  • Production unitaire, sans stock.

  • Fabrication locale.

  • Absence de surproduction et de gaspillage.

  • Délais réduits, car la chaîne logistique est raccourcie.

Pour un dirigeant, cette approche pose une question stratégique : faut-il continuer à optimiser des modèles fondés sur le volume et l’import, ou investir dans des architectures plus souples, capables de produire à la demande ?

L’impression 3D comme levier industriel, pas comme gadget

L’impression 3D est souvent associée au prototypage ou aux usages amateurs. diMap s’inscrit à contre-pied de cette vision.

À court terme, la plateforme s’appuie principalement sur l’impression plastique, parfaitement adaptée à de nombreux objets du quotidien. Mais la feuille de route est plus ambitieuse.

À terme, diMap prévoit d’intégrer :

  • L’impression métal, notamment pour des usages en bijouterie.

  • L’impression résine, pour des pièces nécessitant un haut niveau de précision ou des figurines de qualité.

Cette montée en gamme progressive permet d’élargir le marché adressable sans dénaturer le modèle initial. Pour un manager, c’est un exemple intéressant de développement maîtrisé : ne pas tout faire dès le départ, mais construire une plateforme capable d’évoluer.

Accélérer sans brûler les étapes : le rôle clé de l’IA

Un élément retient particulièrement l’attention dans le parcours de Raphaël Anahory : la vitesse de développement de diMap.

Là où un projet de cette ampleur aurait traditionnellement nécessité un an à un an et demi de développement, la plateforme a été conçue en près de six mois. L’usage de l’IA a joué un rôle central dans cette accélération.

Cette rapidité ne s’est pas faite au détriment des autres dimensions du projet. En parallèle du développement technique, Raphaël a piloté :

  • Le démarrage des actions marketing.

  • Les aspects juridiques.

  • La structuration des statuts de l’entreprise.

Pour les dirigeants, c’est un signal fort : l’IA ne remplace pas la vision stratégique, mais elle permet de libérer du temps pour les sujets à forte valeur ajoutée.

S’associer intelligemment : le levier marketing de diMap

Plutôt que de construire seul une audience, diMap a fait un choix stratégique clair : s’associer à un expert reconnu de l’écosystème.

Raphaël s’est associé à Benjamin Collet, influenceur spécialisé dans l’impression 3D, qui fédère :

  • 200 000 abonnés sur Instagram et YouTube.

  • Plus d’un million de followers sur TikTok.

Benjamin prend en charge l’aspect marketing de la plateforme. Ce partenariat permet à diMap de bénéficier immédiatement d’une visibilité massive et qualifiée, sans investissement publicitaire démesuré.

Pour un dirigeant, c’est un rappel utile : la notoriété peut devenir un actif stratégique lorsqu’elle est intégrée très tôt dans le modèle économique.

Entre vision industrielle et réalité du créateur en France

Créer une entreprise technologique en France reste un exercice exigeant. diMap n’échappe pas à cette réalité. Entre contraintes réglementaires, structuration juridique et mise sur le marché, le quotidien d’un fondateur est fait d’arbitrages permanents.

Le lancement de la plateforme est prévu avant la fin de l’année, avec l’ambition de tester rapidement le marché, d’ajuster l’offre et de monter en puissance progressivement.

Ce pragmatisme est au cœur du projet : tester, apprendre, améliorer. Une posture qui parle aux managers confrontés à des environnements incertains.

En pratique : ce que les dirigeants peuvent retenir de diMap

En pratique

  • ✅ Concevoir un modèle économique aligné avec les usages réels, pas uniquement avec une vision idéalisée.

  • ✅ Utiliser l’IA comme accélérateur d’exécution, pas comme substitut à la stratégie.

  • ✅ Construire des partenariats qui apportent un avantage concurrentiel immédiat.

  • ✅ Penser la scalabilité dès la conception, sans chercher à tout déployer d’un coup.

  • ✅ Relier innovation technologique et impact opérationnel concret.

Conclusion : quand la technologie devient un outil de relocalisation

Avec diMap, Raphaël Anahory illustre une tendance de fond : la technologie peut servir des modèles plus responsables sans renoncer à la performance économique. L’impression 3D, associée à une logique de plateforme, ouvre des perspectives nouvelles pour la production locale.

Pour les dirigeants et managers, ce type d’initiative invite à repenser certaines certitudes : production, logistique, délais, coûts… et même la manière de lancer un projet.

🎙️ Pour découvrir le parcours complet de Raphaël Anahory et les coulisses de la création de diMap, l’épisode de Good Morning Travail est disponible ici :https://www.radioclapas.fr/portfolio/good-morning-travail/


 
 
 

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