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Financer l’innovation sans se renier : quand la rigueur scientifique devient un levier de croissance

  • Photo du rédacteur: Antoine OJEDA
    Antoine OJEDA
  • 22 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Financer l’innovation est devenu un passage obligé pour de nombreuses entreprises en croissance. Crédit d’impôt recherche, aides à l’innovation, subventions publiques… les dispositifs sont nombreux, complexes, et souvent mal compris. Trop souvent, le financement est abordé comme une simple mécanique financière ou fiscale, déconnectée de la réalité des projets de recherche.

Pourtant, une autre approche existe : partir de la science, du terrain et des équipes pour sécuriser durablement la trajectoire de financement. C’est cette vision qu’incarne Arnaud Marchand, dirigeant de Jubea, invité de l’émission Good Morning Travail animée par Eric Cayla sur Radio Clapas.

Son parcours et la méthode développée par Jubea éclairent un enjeu clé pour les dirigeants : comment financer l’innovation sans la dénaturer… ni fragiliser son entreprise.

Le financement de l’innovation : un sujet stratégique, pas administratif

Pour un dirigeant, le financement de la R&D est rarement un sujet confortable. Les règles évoluent, les contrôles inquiètent, et le risque de redressement fiscal est souvent brandi comme une menace.

Le problème n’est pourtant pas l’accès aux financements. Les dispositifs existent, les enveloppes aussi. La vraie difficulté réside ailleurs :👉 savoir présenter un projet de recherche tel qu’il est réellement mené, avec ses incertitudes, ses itérations, ses paris technologiques.

C’est précisément à ce niveau que beaucoup d’entreprises se fragilisent. En cherchant à “rentrer dans les cases”, elles finissent par tordre leur discours, parfois même leur organisation interne, au détriment de la réalité scientifique.

Une conviction forte : partir de la science, pas du dispositif

Chez Jubea, le point de départ n’est ni le crédit d’impôt, ni la subvention. C’est le projet de recherche lui-même.

Avant toute recherche de financement, un audit scientifique approfondi est mené. Objectif :

  • comprendre les travaux réellement menés,

  • analyser leur maturité,

  • identifier les verrous technologiques,

  • et surtout, les traduire dans un langage intelligible pour des financeurs publics.

Cette approche explique une singularité forte : tous les consultants de Jubea sont issus de formations scientifiques, avec une expérience en startup ou en recherche. Pas de discours hors-sol, pas de copier-coller de dossiers standards.

Pour les dirigeants, le bénéfice est double : sécuriser les financements… et clarifier en interne la feuille de route R&D.

“D’entrepreneurs pour entrepreneurs” : un parcours qui change la posture de conseil

Le parcours d’Arnaud Marchand éclaire cette posture. Ingénieur de formation, il n’a pas commencé dans le conseil traditionnel. Il a d’abord accompagné des entreprises, avant de rejoindre une startup technologique en forte croissance, où il a occupé des fonctions opérationnelles jusqu’à la direction des opérations.

Cette expérience terrain a forgé une conviction : un bon conseil en financement doit comprendre les contraintes quotidiennes d’un dirigeant. Les arbitrages, la pression du cash, les délais, les équipes à embarquer.

Lorsqu’il reprend Jubea en 2019, l’entreprise compte trois personnes. Elle en rassemble aujourd’hui quinze, avec une activité déployée à l’échelle nationale. Une croissance maîtrisée, cohérente avec une exigence centrale : ne jamais promettre ce qui ne peut pas être tenu.

Zéro redressement en 14 ans : le vrai indicateur de performance

Dans le financement de l’innovation, un chiffre parle souvent plus que tous les discours : zéro redressement fiscal en quatorze ans.

Ce résultat n’est pas le fruit du hasard. Il repose sur une rigueur méthodologique forte, mais aussi sur un travail de pédagogie auprès des dirigeants et de leurs équipes.

Car financer l’innovation, c’est aussi apprendre à documenter correctement sa recherche, à structurer ses travaux, à formaliser des choix techniques. Autant d’éléments qui, bien au-delà des aides publiques, renforcent la maturité globale de l’entreprise.

Le vrai défi : instaurer la confiance

Contrairement aux idées reçues, la difficulté du métier n’est pas de “trouver de l’argent”. Le véritable enjeu est humain : instaurer une relation de confiance avec l’interlocuteur.

Cela suppose d’accepter de rentrer dans le détail, de poser des questions parfois inconfortables, de challenger certaines certitudes. Mais c’est aussi ce qui permet d’aligner le bon financement, au bon moment, avec le bon niveau de risque.

Pour un dirigeant, cette démarche évite deux écueils fréquents :✖︎ sur-financer trop tôt un projet immature,✖︎ ou passer à côté d’un levier stratégique par manque de structuration.

En pratique : 5 leviers pour dirigeants innovants

En pratique, les enseignements sont clairs pour les managers et dirigeants engagés dans l’innovation :

  • ✅ Partir toujours de la réalité scientifique du projet, pas du dispositif visé.

  • ✅ Structurer les travaux de R&D avant même de parler de financement.

  • ✅ Choisir des partenaires capables de comprendre techniquement vos équipes.

  • ✅ Intégrer la documentation comme un outil de pilotage, pas une contrainte.

  • ✅ Sécuriser la trajectoire long terme plutôt que maximiser un gain immédiat.

Financer l’innovation, un acte de management

Derrière les aides publiques et les dispositifs fiscaux, le financement de l’innovation est avant tout un acte de management. Il engage la crédibilité du dirigeant, la confiance des équipes et la solidité du projet d’entreprise.

L’échange avec Arnaud Marchand rappelle une évidence souvent oubliée : la performance durable naît de la rigueur, de la clarté et de l’alignement entre vision stratégique et réalité opérationnelle.

🎙️ Pour écouter l’épisode complet de Good Morning Travail :https://www.radioclapas.fr/portfolio/good-morning-travail/


 
 
 

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