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Architecte en 2025 : pourquoi la technicité redevient le cœur du métier

  • Photo du rédacteur: Antoine OJEDA
    Antoine OJEDA
  • 26 déc. 2025
  • 3 min de lecture

L’architecture traverse une période charnière. Entre contraintes réglementaires accrues, attentes sociétales fortes et complexité technique croissante des projets, le rôle de l’architecte est parfois résumé – à tort – à une posture de concepteur ou de “faiseur d’images”. Pourtant, sur le terrain, la réalité est toute autre.

Avec Frédéric Devaux, associé du cabinet MDR Architecture, une conviction s’impose : l’architecture est avant tout un métier de maîtrise, d’anticipation et de coordination. Un métier où la technicité et le suivi de chantier sont redevenus des leviers stratégiques de performance.

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Une vision transversale du métier d’architecte

Chez MDR Architecture, le métier ne se segmente pas entre conception, études et exécution. Il se pense comme un continuum, de la première esquisse jusqu’à la livraison finale.

Cette vision transversale repose sur une idée simple : un projet architectural n’est réussi que s’il tient debout techniquement, économiquement et humainement.Dessiner sans maîtriser la mise en œuvre revient à transférer le risque… et à fragiliser l’ensemble du projet.

Concevoir, c’est déjà construire

La conception n’est pas un moment hors-sol. Elle engage dès le départ :

  • des choix techniques structurants,

  • des hypothèses de mise en œuvre réalistes,

  • une compréhension fine des contraintes réglementaires et normatives.

Comme dans la haute gastronomie ou la musique de haut niveau, la créativité ne s’exprime pleinement que lorsqu’elle repose sur une parfaite maîtrise des fondamentaux. Sans technicité, l’intention reste théorique.

Le chantier : cœur battant de la valeur architecturale

Un architecte, en phase chantier, n’est ni un simple observateur ni un contrôleur administratif. Il est un chef d’orchestre.

Sur certains projets, cela signifie coordonner simultanément 25 à 30 entreprises, chacune avec ses contraintes, son vocabulaire, ses priorités. La qualité finale du bâtiment dépend alors moins du dessin initial que de la capacité à anticiper, arbitrer et décider au bon moment.

Parler plusieurs langages pour tenir un projet

L’un des enjeux majeurs du métier réside dans la capacité à adapter son discours :

  • aux maîtres d’ouvrage, pour sécuriser les décisions,

  • aux bureaux d’études, pour fiabiliser les solutions,

  • aux entreprises, pour garantir une exécution conforme et fluide.

Cette posture d’animateur exige une solide crédibilité technique. Sans elle, l’architecte perd rapidement sa légitimité sur le terrain.

Choisir ses projets pour préserver l’exigence

Avec une équipe d’une dizaine de personnes, MDR Architecture a fait des choix structurants. Le cabinet intervient principalement sur des marchés publics complexes : écoles, gymnases, équipements hospitaliers, laboratoires.

Une stratégie assumée

Progressivement, la part du logement collectif – autrefois majoritaire – a été réduite. Non par désintérêt, mais par cohérence stratégique. Ces projets, souvent très contraints économiquement, laissent peu de place à la profondeur technique et au suivi de long terme.

À l’inverse, les équipements publics exigent :

  • une maîtrise réglementaire pointue,

  • une robustesse constructive élevée,

  • une capacité à gérer des chantiers longs et complexes.

Autant de terrains où l’architecte peut pleinement exercer son rôle.

30 ans de métier : ce que l’expérience change vraiment

Formé dans un cabinet parisien très orienté réalisation – notamment sur des projets de cinémas – Frédéric Devaux a été confronté très tôt à la réalité concrète du bâtiment. Cette immersion rapide dans le “faire” a forgé une lecture pragmatique du métier.

Avec le recul, un constat s’impose :la valeur d’un architecte se mesure dans le temps, à la durabilité de ses ouvrages, à leur capacité à vieillir correctement, à rester fonctionnels et adaptés.

Architecture 2025 : plus complexe, plus technique, plus engageante

Aujourd’hui, les projets concentrent des enjeux multiples :

  • performance énergétique,

  • sobriété des ressources,

  • exigences d’usage,

  • contraintes budgétaires fortes.

Dans ce contexte, l’architecte ne peut plus se contenter d’une posture conceptuelle. Il doit être un expert global, capable de tenir ensemble vision, technique et exécution.

C’est précisément cette approche qui redonne du sens au métier et sécurise les projets des maîtres d’ouvrage.

En pratique : 4 leviers pour dirigeants et décideurs

Pour travailler efficacement avec un architecte aujourd’hui :

✅ Intégrer très tôt la dimension technique dans les arbitrages de conception.✅ Valoriser le suivi de chantier comme un investissement, pas comme un coût.✅ Choisir des équipes capables de coordonner et de décider sur le terrain.✅ Privilégier des partenaires qui assument une vision globale du projet, de A à Z.

Conclusion : redonner du poids au métier d’architecte

L’architecture de demain ne se jouera pas uniquement dans les concours ou les rendus 3D.Elle se construira dans la capacité à livrer des bâtiments justes, durables et maîtrisés, malgré un environnement toujours plus contraint.

C’est cette vision exigeante et engagée du métier qui est au cœur de l’échange avec Frédéric Devaux dans Good Morning Travail.

🎙️ Pour écouter l’épisode complet :https://www.radioclapas.fr/portfolio/good-morning-travail/



 
 
 

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