Donner une voix aux marques : quand l’IA vocale redéfinit le service client
- Antoine OJEDA
- 29 déc. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 janv.
À mesure que les entreprises cherchent à améliorer leur expérience client tout en maîtrisant leurs coûts, une question revient avec insistance : comment rester disponible, pertinent et humain… à grande échelle ?C’est précisément sur ce terrain que se positionne Loïc Sitbon, CEO et fondateur de callifly, une startup montpelliéraine qui entend transformer en profondeur la relation client grâce à l’intelligence artificielle vocale.
À seulement 29 ans, il s’agit déjà de sa troisième société. Un parcours marqué par le pilotage de services clients exigeants et une discipline acquise dans le sport de haut niveau. Deux expériences qui structurent aujourd’hui une vision très opérationnelle de l’innovation.
🎙️ Cet article s’inscrit dans la continuité d’un échange enregistré pour le podcast Good Morning Travail, diffusé sur RADIO CLAPAS, consacré à l’aventure entrepreneuriale de callifly et à sa participation au championnat du monde des startups.
L’IA vocale comme levier stratégique pour le service client
La promesse de callifly est claire : donner une voix aux marques.Concrètement, la startup développe des agents vocaux intelligents capables d’assurer un premier niveau de support client par téléphone, sans temps d’attente ni transfert.
Ces agents sont conçus pour :
répondre instantanément aux appels entrants,
être disponibles 24h/24 et 7j/7,
dialoguer dans toutes les langues,
absorber des volumes importants d’appels sans dégradation de la qualité.
Pour un dirigeant, l’enjeu dépasse la simple automatisation. Il s’agit d’éliminer les frictions les plus coûteuses de l’expérience client : files d’attente, appels perdus, surcharge des équipes internes. L’IA vocale devient alors un outil de performance opérationnelle autant qu’un marqueur de modernité.
D’un point de vue technologique, callifly ne repart pas de zéro. L’équipe s’appuie sur des modèles existants de leaders du marché comme Anthropic ou OpenAI, auxquels elle ajoute ses propres briques : orchestration des conversations, gestion du contexte métier, sécurisation des données et intégration aux systèmes clients.
Une organisation pensée pour l’exécution
Chez callifly, la technologie ne suffit pas. La culture d’entreprise est structurée autour d’un principe simple : l’exécution fait la différence.
La société compte aujourd’hui une douzaine de collaborateurs répartis entre Montpellier, Béziers, Nice et plusieurs pays européens. Le fonctionnement est majoritairement en télétravail, complété par des regroupements ponctuels sous forme de hackathons.
L’associé de Loïc Sitbon, docteur en intelligence artificielle et en cybersécurité, apporte une expertise clé sur les sujets de robustesse et de fiabilité des agents vocaux. Un point décisif pour convaincre des entreprises d’externaliser une partie de leur relation client à une technologie automatisée.
Côté financement, la startup avance de manière maîtrisée : fonds personnels et cercle « friends and family » pour amorcer le développement. La priorité reste la mise sur le marché, prévue début 2025, avant d’envisager une levée de fonds en 2026. Une approche pragmatique qui séduit de plus en plus de dirigeants lassés des croissances artificielles.
Le championnat du monde des startups : un accélérateur inattendu
L’un des temps forts du parcours récent de callifly reste sa sélection au championnat du monde des startups organisé en Arabie Saoudite. Sur plus de 10 300 startups candidates à l’échelle mondiale, callifly figurait parmi les 100 finalistes, soit le top 0,5 %.
La compétition s’est déroulée en plusieurs étapes successives, jusqu’à une finale récompensant une dizaine de sociétés par des dotations financières. Si callifly s’est arrêtée au premier palier, dans le top 50, l’essentiel était ailleurs.
Pour Loïc Sitbon, la préparation a été aussi intense que structurante :
accompagnement par un préparateur mental,
perfectionnement de l’anglais pour la scène,
travail chirurgical du pitch, chaque mot comptant face à un jury international.
Des retombées business bien au-delà du classement
Pour un dirigeant, la valeur d’un concours se mesure rarement au trophée. Dans le cas de callifly, les bénéfices ont été multiples.
Sur le plan personnel et stratégique, l’expérience a permis de confronter sa vision à celle de 100 entrepreneurs parmi les plus prometteurs au monde. Les échanges ont porté sur des sujets très concrets : contraintes réglementaires, choix de marchés, priorisation produit.
Sur le plan business, les résultats sont tangibles :
une dizaine de rendez-vous avec des fonds d’investissement,
des échanges avec deux ministères saoudiens, dont celui de l’investissement,
des contacts avec des accélérateurs et incubateurs locaux,
des opportunités commerciales avec des clients potentiels.
Autant de signaux faibles qui renforcent la crédibilité de callifly à l’approche de sa phase de commercialisation.
Deux piliers pour bâtir une startup durable
Interrogé sur sa philosophie d’entreprise, Loïc Sitbon revient systématiquement à deux fondamentaux :
Le client, qui englobe le marketing et le commercial. Sans traction, la technologie reste un concept.
Le produit, qui doit intégrer une vraie différenciation technologique et un usage clair.
Dans un marché français de l’IA vocale où une douzaine d’acteurs se positionnent déjà, cette clarté stratégique est essentielle. La compétition est réelle, mais encore largement ouverte. Les entreprises attendent des solutions fiables, simples à intégrer et capables de produire un impact mesurable.
En pratique : ce que les dirigeants peuvent retenir
En pratique
✅ Identifier les points de friction majeurs de votre service client avant d’automatiser.
✅ Penser l’IA comme un renfort opérationnel, pas comme un simple outil de réduction de coûts.
✅ Tester rapidement sur un périmètre limité (niveau 1 de support).
✅ Exiger des garanties sur la sécurité et la qualité des conversations.
✅ Mesurer l’impact business (taux de décroché, satisfaction, charge équipes).
Conclusion
L’IA vocale n’est plus une promesse futuriste : elle devient un levier stratégique immédiat pour les entreprises qui veulent concilier croissance, qualité de service et maîtrise des ressources.Avec callifly, Loïc Sitbon illustre une approche lucide et orientée terrain : une vision claire, une exécution rigoureuse et une capacité à apprendre vite, y compris dans des compétitions internationales exigeantes.
🎙️ Pour découvrir l’échange complet et les coulisses de cette aventure entrepreneuriale, l’épisode de Good Morning Travail est disponible ici :https://www.radioclapas.fr/portfolio/good-morning-travail/




Commentaires