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Transition écologique : quand la gouvernance partagée devient un levier de performance durable

  • eric24920
  • il y a 9 heures
  • 4 min de lecture

La transition écologique n’est plus un sujet périphérique réservé aux experts de l’énergie ou aux institutions. Elle s’invite désormais au cœur des décisions stratégiques des dirigeants. Modèles économiques, organisation du travail, rapport à la performance : tout est questionné. Et pour beaucoup de managers, une interrogation revient avec insistance : comment transformer son entreprise sans perdre en efficacité, ni en engagement des équipes ?

Le parcours de Delphine Jay apporte un éclairage précieux sur ces enjeux. Son expérience au croisement de l’économie sociale et solidaire, de la formation professionnelle et des modèles coopératifs permet d’explorer une autre manière de penser la performance : plus sobre, plus collective, mais tout aussi exigeante.

🎙️ Cet article s’inscrit dans la continuité de son échange avec Eric Cayla dans Good Morning Travail.

Repenser les trajectoires professionnelles à l’heure de la transition

Le parcours de Delphine Jay illustre une réalité de plus en plus fréquente chez les cadres et dirigeants engagés : la volonté d’aligner parcours professionnel et convictions personnelles.

Après avoir dirigé une association culturelle, elle accompagne pendant quinze ans des entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire. Une immersion longue dans des structures où la finalité ne se limite pas au résultat financier, mais intègre l’utilité sociale, l’ancrage territorial et la gouvernance.

Cette trajectoire n’est pas linéaire. Elle inclut aussi une parenthèse de plusieurs années comme sophrologue, avec des interventions ponctuelles en entreprise. Une expérience qui nourrit aujourd’hui sa vision du travail : performance et qualité de vie ne sont pas antagonistes, mais étroitement liées.

Depuis septembre, Delphine Jay est chargée de mission au sein de l’organisme de formation d’Enercoop Languedoc-Roussillon. Un poste qui fait le lien entre transmission, transformation des compétences et transition écologique.

Enercoop : un modèle coopératif qui interroge le management classique

Enercoop n’est pas un fournisseur d’électricité comme les autres. Le réseau regroupe 13 coopératives régionales, toutes structurées sous le statut de SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif). Salariés, clients, producteurs et partenaires peuvent participer aux décisions stratégiques.

L’ambition est claire : produire et fournir une électricité 100 % renouvelable, tout en expérimentant une autre manière de gouverner l’entreprise.

La spécificité d’Enercoop Languedoc-Roussillon réside aussi dans son organisme de formation. Celui-ci propose des parcours dédiés :

  • aux énergies renouvelables,

  • à l’autoconsommation collective,

  • à la gouvernance partagée.

Pour les dirigeants, ce modèle pose une question centrale : comment maintenir un cap stratégique clair dans une organisation où la décision est partagée ?

Gouvernance partagée : dilution du pouvoir ou leadership renforcé ?

Le terme de gouvernance partagée suscite souvent des réactions contrastées. Certains dirigeants y voient un risque de lenteur, voire de confusion. D’autres redoutent une remise en cause de leur rôle.

Delphine Jay défend une approche nuancée. Gouvernance partagée ne signifie pas absence de leadership. Au contraire. Elle suppose un cadre clair, des rôles définis et une responsabilité assumée.

Le leadership ne disparaît pas, il se transforme :

  • le dirigeant n’est plus uniquement celui qui décide, mais celui qui crée les conditions de la décision,

  • l’intelligence collective devient un levier de robustesse,

  • l’autonomie s’appuie sur des règles explicites, non sur l’improvisation.

Dans un contexte de transition écologique, où les enjeux sont complexes et systémiques, cette capacité à croiser les regards devient un atout stratégique.

Sobriété : un changement de logiciel pour les dirigeants

La sobriété est souvent perçue comme une contrainte. Moins produire, moins consommer, ralentir. Une vision réductrice qui inquiète légitimement les managers.

La lecture proposée par Delphine Jay est différente. La sobriété n’est pas l’ennemie de la performance, mais une invitation à revoir les indicateurs de réussite.

Il ne s’agit pas de renoncer à l’ambition, mais de se poser de meilleures questions :

  • quelle valeur réelle est créée ?

  • quelles ressources sont mobilisées, humaines comme énergétiques ?

  • quel impact à moyen et long terme sur les équipes et le territoire ?

Cette approche résonne fortement avec les problématiques actuelles de fatigue managériale, de perte de sens et de difficulté à fidéliser les talents.

Former pour transformer : un enjeu stratégique sous-estimé

L’un des points clés du parcours de Delphine Jay est sa conviction profonde : la formation professionnelle est un levier majeur de la transition écologique.

Former, ce n’est pas uniquement transmettre des compétences techniques. C’est aussi :

  • accompagner un changement de posture,

  • donner des clés de compréhension,

  • sécuriser les transformations organisationnelles.

Dans des secteurs en mutation rapide, la formation permet aux dirigeants de ne pas subir le changement, mais de le piloter. Elle devient un investissement stratégique, bien plus qu’un poste de dépense.

C’est précisément sur ce terrain que l’organisme de formation d’Enercoop Languedoc-Roussillon se positionne, en combinant expertise technique et réflexion sur les modes de gouvernance.

En pratique : 5 leviers concrets pour dirigeants

En pratique

  • ✅ Clarifier le cadre avant de partager la décision : règles, rôles et périmètre doivent être explicités.

  • ✅ Former les managers aux nouveaux modes de gouvernance, pas seulement aux outils.

  • ✅ Intégrer la sobriété dans les indicateurs de pilotage, pas uniquement dans les discours.

  • ✅ Prendre soin des équipes comme condition de la performance durable.

  • ✅ Considérer la formation comme un levier stratégique de transformation, pas comme une obligation réglementaire.

Performance durable : un enjeu de cohérence managériale

Ce que met en lumière le parcours de Delphine Jay, c’est une exigence de cohérence. Entre convictions personnelles, organisation du travail et stratégie d’entreprise.

La transition écologique n’est pas qu’une affaire de technologies ou de normes. Elle repose sur des choix managériaux, des modèles de gouvernance et une vision renouvelée de la performance.

🎙️ Pour aller plus loin dans cette réflexion et découvrir le parcours de Delphine Jay, l’épisode complet de Good Morning Travail est à écouter ici :https://www.radioclapas.fr/portfolio/good-morning-travail/


 
 
 

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