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Quand l’immersion transforme la manière de transmettre un message

30 sept.
5 min de lecture

La réalité virtuelle, la réalité augmentée et la vidéo 360° ne sont plus seulement des démonstrations technologiques. Elles deviennent de nouveaux outils pour raconter, former, sensibiliser et faire vivre une expérience.

Pour les dirigeants et les managers, l’enjeu est moins de savoir si ces technologies sont spectaculaires que de comprendre ce qu’elles changent dans la relation avec un public : un collaborateur en formation, un visiteur de musée, un étudiant ou encore un spectateur face à une problématique environnementale.

C’est précisément le terrain d’exploration de l’Agence Visionnaire, dirigée par Simon Billy. Son approche consiste à concevoir des expériences immersives capables de placer le spectateur au cœur d’une histoire.

De la technologie à l’expérience

L’Agence Visionnaire intervient sur plusieurs terrains : formation, enseignement, patrimoine, divertissement et production audiovisuelle. Elle conçoit et déploie des expériences reposant notamment sur la réalité virtuelle, la réalité augmentée et la vidéo 360°.

Cette diversité de secteurs révèle un point commun : la technologie n’est pas une finalité.

Elle devient un moyen de créer une autre relation au contenu.

Dans une formation, l’immersion peut permettre de faire vivre une situation plutôt que de simplement l’expliquer. Dans un musée ou un site patrimonial, elle peut donner accès à des environnements ou à des périodes difficiles à représenter avec les supports traditionnels. Dans l’audiovisuel, elle modifie encore davantage la place du spectateur.

Le changement est alors presque narratif : il ne s’agit plus uniquement de regarder une histoire, mais de se retrouver à l’intérieur de celle-ci.

Pour une entreprise, cette évolution pose une question intéressante : comment faire passer un message de manière suffisamment forte pour qu’il soit réellement vécu, et pas simplement entendu ?

Quand le spectateur devient acteur

Les projets consacrés aux grands espaces illustrent particulièrement bien cette capacité de l’immersion.

L’Agence Visionnaire a notamment travaillé avec l’explorateur Mathieu Tordeur sur des films immersifs consacrés au Groenland et à l’Antarctique. Ces productions permettent de rapprocher le public d’environnements auxquels il n’aurait normalement jamais accès.

L’objectif ne se limite pas à montrer des paysages spectaculaires. L’immersion peut également servir à rendre plus concrète la fragilité des écosystèmes polaires et les enjeux liés à leur protection.

C’est là que la technologie prend une dimension stratégique : elle peut renforcer la portée d’un récit en modifiant la position du public face à celui-ci.

Un documentaire traditionnel impose naturellement un cadre de vision. La vidéo 360° élargit ce cadre et laisse davantage de liberté au spectateur. Avec un casque, celui-ci peut observer son environnement, tourner la tête, regarder autour de lui et découvrir la scène depuis sa propre position.

Cette liberté change la manière dont le contenu est perçu.

Pour les dirigeants, le parallèle avec la communication interne ou la formation est intéressant. Une information peut être comprise intellectuellement sans pour autant provoquer d’engagement. L’expérience, elle, peut créer une forme de proximité différente.

La contrainte technique au service de la créativité

Cette nouvelle forme de narration n’est toutefois pas sans contraintes.

Créer une expérience immersive implique de tenir compte du confort du spectateur. Les mouvements de caméra, les déplacements et certains effets peuvent provoquer vertiges ou nausées.

La créativité doit donc composer avec une réalité technique très concrète.

C’est un enseignement particulièrement utile pour les entreprises qui souhaitent intégrer de nouvelles technologies : l’innovation ne consiste pas simplement à ajouter un outil à un dispositif existant.

Elle suppose de repenser l’expérience dans son ensemble.

Une expérience virtuelle réussie doit ainsi trouver un équilibre entre plusieurs exigences : la qualité du contenu, la pertinence du scénario, la facilité d’utilisation, le confort de l’utilisateur et l’objectif poursuivi.

Cette contrainte peut même devenir un moteur de créativité. Lorsque les règles changent, les équipes sont obligées d’inventer de nouvelles manières de raconter.

L’immersion peut-elle devenir un outil du quotidien ?

La question se pose naturellement lorsqu’on évoque la réalité virtuelle : cette technologie va-t-elle finir par s’imposer dans notre quotidien ?

L’expérience du Metaverse porté par Meta invite à la prudence. L’idée d’un univers virtuel dans lequel chacun passerait une part importante de sa vie n’a pas connu l’adoption massive annoncée initialement.

Pour autant, l’absence d’adoption généralisée ne signifie pas que les technologies immersives n’ont pas d’avenir.

Elle peut surtout conduire à distinguer deux sujets : l’immersion comme environnement permanent et l’immersion comme outil ciblé.

Il n’est pas nécessaire de vivre en permanence avec un casque pour qu’une expérience virtuelle soit pertinente.

Une entreprise peut utiliser la réalité virtuelle pour une formation spécifique. Un musée peut s’en servir pour rendre accessible un lieu inaccessible. Un producteur peut l’utiliser pour raconter une expédition. Une organisation peut créer une expérience de sensibilisation autour d’un enjeu environnemental.

La valeur ne vient donc pas nécessairement de la quantité d’utilisation, mais de la pertinence du moment où l’immersion est proposée.

En pratique : avant d’adopter une technologie immersive

Pour un dirigeant ou un manager, quelques réflexes permettent d’éviter de tomber dans le simple effet « waouh ».

1. Partir du message, pas de la technologie.Avant de choisir la réalité virtuelle ou la vidéo 360°, il faut identifier ce que l’on souhaite faire comprendre, ressentir ou expérimenter.

2. Identifier les moments où l’expérience apporte une vraie valeur.Tout ne mérite pas d’être immersif. La technologie devient intéressante lorsqu’elle permet de montrer, faire vivre ou expérimenter ce qu’un support traditionnel transmet moins bien.

3. Penser à l’utilisateur avant la démonstration.Confort, simplicité, durée et accompagnement sont aussi importants que la qualité graphique ou technique.

4. Mesurer l’impact recherché.Une expérience immersive doit pouvoir être reliée à un objectif : mémorisation, apprentissage, sensibilisation, engagement ou compréhension.

5. Conserver une cohérence avec l’ensemble du dispositif.L’immersion ne remplace pas nécessairement les autres médias. Elle peut s’inscrire dans une stratégie plus large de transmission et de communication.

Une nouvelle façon de raconter le réel

La réalité virtuelle et les technologies immersives ne bouleverseront probablement pas tous les usages. Leur intérêt se situe peut-être ailleurs : dans leur capacité à intervenir là où les formats traditionnels atteignent leurs limites.

Faire découvrir un environnement inaccessible. Plonger quelqu’un dans une situation. Donner à voir autrement un patrimoine. Faire ressentir la fragilité d’un écosystème.

Dans ces situations, l’immersion devient bien plus qu’un outil technologique : elle devient une nouvelle grammaire narrative.

Pour les entreprises, cette réflexion rejoint un enjeu plus large de performance : celui de la capacité à transmettre efficacement une vision, des compétences ou une conviction. Comme dans le recrutement ou le développement des performances commerciales, la qualité du message ne suffit pas toujours ; la manière dont il est vécu peut faire toute la différence.

L’échange avec Simon Billy permet justement d’explorer cette frontière entre innovation, narration et expérience, avec une approche très concrète des possibilités — mais aussi des limites — des technologies immersives.

🎙️ Pour découvrir l’univers de l’Agence Visionnaire et les coulisses de cette nouvelle manière de raconter le réel :https://audmns.com/fwPgCxE

 
 
 

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