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Entreprendre à 50 ans : le parcours inspirant de Philippe Reboul

  • Photo du rédacteur: Antoine OJEDA
    Antoine OJEDA
  • 10 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Après trois décennies au cœur de grands groupes internationaux, beaucoup de dirigeants envisagent un jour de “passer de l’autre côté” : créer, investir, transmettre. Peu franchissent réellement le cap. Philippe Reboul fait partie de ceux qui transforment cette idée en trajectoire. À 50 ans, il quitte sa carrière dans des entreprises comme Danone ou Coca-Cola pour construire un modèle entrepreneurial singulier mêlant conseil, investissement et viticulture.

Dix ans plus tard, son parcours éclaire une conviction utile pour tous les dirigeants : l’expérience n’est pas un frein à l’entrepreneuriat — c’est un accélérateur puissant, à condition d’avoir une approche structurée, constructive et résolument tournée vers l’action.

C’est l’esprit de cet échange dans Good Morning Travail, enregistré avec RADIO CLAPAS : un regard concret sur la manière dont on se réinvente, sans rompre avec ce qui a fait notre performance.


De la multinationale à l’entrepreneuriat : capitaliser sur 30 ans de management

Philippe Reboul a passé 30 ans dans des environnements extrêmement exigeants : direction nationale des ventes, direction de région, direction de la stratégie… Autant de postes où la pression du résultat est quotidienne et où le leadership opérationnel se construit dans la durée.

À 50 ans, il décide de transformer ce capital professionnel en un nouveau cycle de vie — entrepreneurial, plus libre, mais pas moins rigoureux.


Trois activités, un même fil conducteur : la performance structurée

Aujourd’hui, Philippe articule son temps entre :

  • Fermundi, sa société de conseil spécialisée en performance commerciale, accompagnant des acteurs majeurs de l’industrie et des biens de consommation (Danone, Mars, Pernod Ricard, Henkel, Puma…).

  • Le rôle de business angel, où il soutient des startups à fort potentiel en apportant capital, réseau et expérience.

  • L’exploitation de 14 hectares de vignes sur deux domaines (Coste Ubesse et Coste-Fages, en Pic-Saint-Loup et Grès-de-Montpellier).

Ce portfolio d’activités pourrait sembler disparate. En réalité, il est cohérent : analyse, structuration, créativité et exigence opérationnelle sont les ressorts qui irriguent chacune de ses décisions.


Les facteurs de réussite : quand l’audace rencontre la méthode

Philippe évoque souvent les “trains à l’heure” : une manière de dire que la performance repose sur une rigueur simple, non négociable, qui accélère la confiance et l’efficacité.

Pour les dirigeants, son parcours rappelle cinq leviers essentiels.

1. Travail et implication

Le passage à l’entrepreneuriat ne réduit pas l’effort : il le reconfigure. Les résultats dépendent directement de l’énergie investie et de la capacité à tenir la cadence.

2. Préparation et structuration

Loin du cliché de l’entrepreneur improvisateur, Philippe met au centre un principe clé : on réussit mieux ce que l’on prépare. Business plan maîtrisé, réseau activé, compétences renforcées — la rigueur des grandes organisations devient un avantage compétitif.

3. Créativité dans la résolution de problèmes

Créer, c’est résoudre. Les situations imprévues ne manquent jamais, dans le conseil comme dans la viticulture. La créativité ne s’oppose pas à la méthode : elle s’appuie dessus.

4. Réseau professionnel

À 50 ans, le réseau n’est plus un bénéfice marginal : c’est un accélérateur déterminant. Clients, partenaires, mentors, investisseurs… L’écosystème construit en 30 ans devient un moteur de croissance.

5. Audace et prise de risques calculés

L’audace n’est pas l’inconscience. Philippe évoque toujours la notion de risque maîtrisé : un équilibre entre ambition et lucidité, indispensable pour durer.


Se lancer à 50 ans : pourquoi c’est un moment stratégique pour entreprendre

Un des enseignements forts de notre échange tient dans ce conseil adressé aux quinquagénaires : 50 ans est souvent le meilleur moment pour créer.

Plusieurs raisons structurantes émergent.

Énergie suffisante pour bâtir un nouveau cycle

On possède encore la vitalité nécessaire pour conduire un projet intensif, démarcher, négocier, convaincre, se déplacer.

Expérience solide pour éviter les erreurs majeures

On a déjà connu les cycles économiques, les tensions de marché, les transformations internes. On repère plus vite les risques, on anticipe mieux les scénarios.

Réseau établi pour accélérer les premières étapes

Les 100 premiers coups de fil sont décisifs dans une aventure entrepreneuriale. À 50 ans, ils existent déjà.

Moyens financiers plus stabilisés

Sans dévoiler d’éléments sensibles, l’idée est simple : à cet âge, le risque personnel est souvent plus contenu et plus calculable.

Un impact positif sur la vie personnelle

La liberté de rythme, la maîtrise des décisions, le sentiment de créer une nouvelle histoire : tout cela nourrit un équilibre de vie différent, souvent plus épanouissant.


Transmettre et ralentir sans s’arrêter : vision des 10 prochaines années

Philippe ne parle pas de “sortie” ou de “fin de cycle”, mais d’une transformation progressive.

Alléger l’intensité physique

L’entrepreneur sait que certains niveaux d’engagement ne sont pas durables indéfiniment. L’enjeu n’est pas d’arrêter, mais de réorganiser.

Introduire de nouveaux associés chez Fermundi

La transmission n’est pas un retrait, mais une étape stratégique. Faire entrer de nouveaux profils, partager la vision, structurer le futur : cela donne de la profondeur à l’entreprise.

Maintenir une forte intensité intellectuelle

La curiosité, le plaisir du challenge, l’envie de comprendre les dynamiques commerciales : autant d’éléments que Philippe souhaite conserver.

Donner plus de place à ce qui compte

Sport, famille, amis : le temps retrouvé devient un luxe assumé, et une nouvelle manière d’équilibrer performance et qualité de vie.


En pratique : 5 enseignements clés pour les dirigeants qui envisagent un virage entrepreneurial

➡️ Structurer une vision claire avant de se lancer Objectifs, valeurs, promesse client : la clarté initiale fait gagner deux ans.

➡️ S’appuyer sur son réseau dès le premier jour Les premiers clients viennent rarement du hasard.

➡️ Rester rigoureux dans le pilotage Les “trains à l’heure” créent la crédibilité et la confiance.

➡️ Accepter d’être apprenant à nouveau Les grandes entreprises ne préparent pas à tout : l’entrepreneuriat demande d’autres réflexes.

➡️ Cultiver l’audace raisonnée Explorer, tester, ajuster : la prise de risque est une compétence, pas un saut dans le vide.


Conclusion

Le parcours de Philippe Reboul rappelle à tous les dirigeants que la réinvention n’est pas un pari : c’est un projet. Avec méthode, réseau, courage et un esprit positif, il est possible d’ouvrir un nouveau chapitre professionnel aussi riche qu’exigeant.

🎙️ Pour écouter l’épisode complet :https://www.radioclapas.fr/portfolio/good-morning-travail/



 
 
 

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